Autrefois, au Québec, l’hiver transformait les rues et les cours d’école en véritables royaumes enneigés. Les enfants s’appropriaient spontanément ces montagnes de neige, escaladant, glissant et inventant mille jeux, sans se soucier de règles ou de limites. Les rires résonnaient dans l’air froid, et chaque amas devenait le théâtre d’aventures uniques.
Je me souviens des batailles de boules de neige improvisées, où les plus grands construisaient des forteresses et les plus petits se faufilaient dans des tunnels creusés à même la neige. Parfois, on organisait des courses pour voir qui atteindrait le sommet en premier, les mitaines trempées et les joues rougies par le vent. Les bottes crissaient sur la neige durcie, et le soir venu, on rentrait à la maison, les vêtements couverts de glace et le cœur rempli de souvenirs.
Aujourd’hui, la réalité a changé. Les municipalités imposent des restrictions sur la hauteur des amas de neige, principalement pour assurer la sécurité et faciliter la gestion urbaine. Ces mesures, bien qu’essentielles pour prévenir les accidents et garantir la circulation, réduisent la liberté des enfants à explorer ces terrains de jeu naturels.
Certains parents racontent avec nostalgie comment, autrefois, ils laissaient leurs enfants jouer dehors des heures durant, sans inquiétude. Désormais, ils surveillent de plus près, conscients des nouvelles règles et des risques potentiels. Les enfants, eux, cherchent encore à s’amuser, mais les montagnes de neige sont moins accessibles, et les jeux doivent s’adapter.
Ce changement suscite une certaine nostalgie : on se surprend à regretter la spontanéité et la créativité des hivers d’antan. Si la sécurité est aujourd’hui une priorité, il reste à imaginer comment préserver la magie des jeux d’hiver pour les générations futures, afin que la neige continue d’inspirer rêves et aventures.




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